Votre médecin vous a proposé une intervention nommée hystérectomie. Cet article a pour but de renforcer les informations qui vous ont été apportées oralement par le médecin afin de vous expliquer les principes, les avantages et les inconvénients potentiels de l’opération qu’il vous a conseillée.
L’hystérectomie abdominale se pratique par une ouverture de l’abdomen qui peut être horizontale au-dessus du pubis ou verticale entre le pubis et l’ombilic.
Il existe différents types d’hystérectomie abdominale :
• Hystérectomie totale où le col et le corps de l’utérus sont retirés ;
• Hystérectomie subtotale où l’utérus est enlevé et le col reste en place ;
• Hystérectomie avec annexectomie (ablation du ou des ovaires ainsi que des trompes dans le même temps).
Le type d’hystérectomie dépendra de circonstances personnelles et sera discuté avec votre chirurgien avant l’opération
Avant l’opération une consultation pré-anesthésie doit être réalisée systématiquement.
Le plus souvent vous serez hospitalisée la veille ou le jour même de l’intervention.
Après une prémédication vous serez conduite au bloc opératoire.
Une perfusion sera mise en place puis l’anesthésie sera réalisée.
L’anesthésie sera le plus souvent une anesthésie générale mais elle pourrait, dans certains cas, être une anesthésie type péridurale.
La plupart du temps la cicatrice fera approximativement 10 cm de long au-dessus du pubis, transversalement.
De façon exceptionnelle un petit drain, ressortant par l’abdomen, pourra être laissé en place 24 à 48 heures.
La plaie est généralement fermée par des fils ou des agrafes. Les fils sont la plupart du temps résorbables.
Après l’opération, vous passerez en salle de surveillance postinterventionnelle avant de retourner dans votre chambre.
La plupart des anesthésies modernes sont courtes. L’effet est court et vous ne devriez pas avoir d’effets secondaires importants.
Pendant les 24 premières heures, vous pouvez vous sentir un peu plus endormie que d’habitude et votre jugement peut être amoindri.
Habituellement après votre intervention, vous aurez une sonde urinaire durant quelques heures voire 24 heures.
Il vous sera conseillé de mettre des bas de contention les premiers jours tant que vous n’avez pas retrouvé une mobilité normale. Par ailleurs vous pouvez déplacer le pied par des mouvements circulaires pendant environ 30 secondes plusieurs fois dans la journée tant que vous êtes alitée.
Vous recevrez également des injections quotidiennes d’un agent anticoagulant pour une durée pouvant aller jusqu’à une dizaine de jours.
Dès que vous pourrez boire à nouveau et après quelques gaz, votre perfusion vous sera retirée puis vous pourrez manger léger.
Les premiers jours après votre intervention et après votre retour à domicile il est probable que vous ayez besoin d’antalgiques afin de diminuer les douleurs que vous pourriez éprouver.
Afin d’éviter la constipation qui pourrait également entraîner des douleurs, nous vous conseillons de manger des fruits et des fibres.
La durée d’hospitalisation est en général de 2 à 7 jours selon les cas.
Si vous avez des fils le plus souvent résorbables, aucun soin particulier ne sera fait au niveau de la cicatrice qui restera à l’air libre rapidement.
Si vous avez des agrafes, elles seront retirées après 8 à 10 jours.
Votre transit digestif peut être quelque peu retardé ou ralenti, pouvant être source d’inconfort voire de douleurs qui seront passagères.
Vous pourrez prendre une douche en protégeant la plaie dès que vous vous sentirez capable d’être debout. Si votre plaie était mouillée, assurez-vous de la sécher avec un tissu jetable sec.
Vous pourrez pendant quelques jours voire une à deux semaines être encore fatiguée. Cela peut être dû au stress et aux effets anesthésiques. La récupération sera d’autant plus rapide que vous serez active.
Vous pouvez vous attendre à avoir des saignements pendant une à deux semaines après votre intervention. L’évacuation de petits caillots n’est pas rare et sans importance si cela ne dure pas. Il vous est recommandé d’utiliser des serviettes périodiques plutôt que des tampons qui entraîneraient un risque infectieux plus important.
Il est recommandé d’attendre trois semaines avant de prendre un bain, les douches étant autorisées dès que vous vous sentez capable de rester debout.
Le retour à vos activités professionnelles ou sportives dépend du type d’activité que vous avez ; cela peut aller de 4 à 6 semaines.
Si vous n’êtes pas ménopausée avant l’intervention, la principale manifestation sera l’absence de règles et l’impossibilité de grossesse, ce qui ne signifie pas que vous serez ménopausée :
• Si les ovaires sont laissés en place, leur fonction persistera jusqu’à la ménopause naturelle. Vous n’aurez ni bouffées de chaleur ni autre manifestation de ménopause ;
• Si les ovaires sont retirés, l’intervention entraîne une ménopause et vous pourrez avoir ensuite des manifestations telles que des bouffées de chaleur. Vous pourrez discuter avec votre médecin de la possibilité d’un traitement médical substitutif.
Si vous êtes ménopausée avant l’intervention, il n’y aura pas de modifications particulières après.
Dans tous les cas, l’hystérectomie ne modifie pas la possibilité ni la qualité des rapports sexuels. Après la sortie, il est recommandé d’attendre la visite postopératoire un mois après l’intervention pour reprendre les activités sexuelles. Les rapports sexuels seront autorisés 4 à 6 semaines après l’intervention afin de permettre à la cicatrice vaginale d’être suffisamment solide.
L’hystérectomie est une intervention courante et bien maîtrisée, dont le déroulement est simple dans la majorité des cas.
En cours d’opération des lésions d’organes de voisinage de l’utérus peuvent se produire de manière exceptionnelle : blessure intestinale, des voies urinaires ou des vaisseaux sanguins, nécessitant une prise en charge chirurgicale spécifique. Dans le cas exceptionnel d’hémorragie pouvant menacer la vie, une transfusion sanguine ou de produits dérivés du sang peut être rendu nécessaire.
Comme toute chirurgie, cette intervention peut comporter très exceptionnellement un risque vital ou des séquelles graves.
Quels sont les symptômes qui pourraient vous inquiéter après le retour à la maison ?
Si vous avez des brûlures pour uriner ou si vous urinez fréquemment cela peut être dû à une infection urinaire. Il faudra donc consulter votre médecin traitant afin de faire une analyse bactériologique des urines.
Un saignement vaginal anormal ou malodorant, voire une température élevée peuvent être la conséquence d’une infection ou d’un hématome qui pourrait s’être surinfecté. Dans ce cas il faudra consulter votre chirurgien afin de juger de cette complication.
Il se peut que la cicatrice soit rouge et douloureuse ; cela pourrait être dû à un hématome voire à un abcès, d’autant que la température pourrait être élevée. Cela nécessitera le plus souvent de simples soins locaux. Plus rarement cela peut nécessiter de repasser au bloc opératoire pour évacuer
l’hématome ou l’abcès. Cette complication est en général sans autre conséquence.
Si vous avez des nausées, des vomissements avec un épisode de fièvre, il vous faudra également consulter votre chirurgien.
Si des douleurs au niveau des mollets ou une difficulté à respirer survenait, il faudra faire appel rapidement à votre médecin traitant afin d’éliminer une phlébite, c’est-à-dire un caillot dans une veine des membres inférieurs qui risque d’entraîner une embolie pulmonaire et qui peut survenir en période postopératoire (ceci explique la nécessité de porter les bas de contention plusieurs semaines après l’opération et de faire des injections d’anti-coagulants dans certains cas).
Au retour à la maison vous éviterez, pendant quelques semaines, le port de charges lourdes qui pourrait retentir sur la solidité de la cicatrice voire même une éventration.
Si les ovaires ont été retirés il se peut que vous ressentiez une sécheresse vaginale qui pourrait être compensée par des lubrifiants ou un traitement hormonal substitutif que votre médecin pourrait vous prescrire.
Cette feuille d’information ne peut sans doute pas répondre à toutes vos interrogations. Dans tous les cas, n’hésitez pas à poser au médecin toutes les questions qui vous viennent à l’esprit, oralement ou par écrit.